Dans le cadre de la transition énergétique en cours, l’APEG organise des débats citoyens sur la transition énergétique et les énergies renouvelables.

Elle s’intéresse à 3 sources d’énergie particulièrement actives dans son territoire géographique :

  • L’énergie photovoltaïque
  • Le bois énergie
  • L’énergie nucléaire

L’énergie photovoltaïque

Le point de vue de l’APEG

La position de l’APEG a été rappelée lors du référendum portant sur le projet d’implantation d’un parc photovoltaïque dans les bois communaux de Grignan :

  1. le projet ne présente pas d’analyse sur l’opportunité d’installer ce parc photovoltaïque sur une zone déjà anthropisée (transformation d’espaces sous l’effet de l’homme) notamment à l’échelle intercommunale.
  2. le projet obéit à la logique d’une financiarisation basée sur le court terme.
    • Logique « naturelle » de la part d’une entreprise capitalistique
    • Logique parfaitement critiquable de la part d’une commune qui doit prendre en considération la préservation des espaces naturels, bien commun, ressource rare et la nécessité de l’entretenir, de l’augmenter pour les générations futures.
    • Le projet sera encore une fois la propriété d’un groupe énergétique puissant et non de coopératives d’habitants.
  3. Le projet permettra bien de produire de l’énergie renouvelable mais n’engagera pas le territoire dans une politique énergétique basée sur la réduction des consommations et ne formera pas la population à la connaissance des énergies, à leur économie.
    Pour cette raison, l’APEG participe dans notre région au capital de sociétés réunissant des citoyens et visant à produire en commun et pour leur propre compte de l’énergie photovoltaïque à partir de toitures de bâtiments publics ou privés :
    • La SAS des Centrales Villageoises de la Lance
    • La SAS sud VivaRhône Énergies
  4. Le projet ne détruit pas qu’un boisement de faible qualité. Une coupe rase ou coupe à blanc est une atteinte très longue sur le milieu naturel. Quelques considérations :
    • Les coupes rases, à blanc sont à éviter car :
      • Impacts sur les espèces et les paysages ;
      • Impacts sur l’érosion et l’appauvrissement des sols par exportation de la majorité de la matière organique, décapage de l’humus et tassement des sols ;
      • Impacts en termes de libération du carbone stocké dans les sols.
    • La forêt dans le sud de la Drôme est surexploitée
    • L’artificialisation des sols est excessive dans le département de la Drôme (la plus élevée d’AURA et le double de la moyenne nationale). Nous ne pouvons pas à la fois nous inquiéter quant à la capacité de nos agriculteurs à nourrir une population croissante) et accepter de bétonner l’équivalent d’un département tous les 7 ans.

Pour en savoir davantage : courriers du 2 et 10 juillet 2015 au commissaire enquêteur du parc de Réauville.

La position de l’administration

L’implantation de centrales photovoltaïques au sol doit être exemplaire et résulter d’un choix d’aménagement du territoire afin d’éviter de simples effets d’opportunité foncières aux bilans écologiques et économiques discutables.
La forêt n’est pas désignée comme un lieu privilégié pour ces investissements : elle n’a pas vocation à être défrichée au profit d’une autre énergie. Par conséquent, l’État ne pourra donner d’avis favorable pour les centrales photovoltaïques au sol induisant un défrichement.

(P 27, note de la DDT)

Après autorisation des installations de Réauville, Salles-Sous-Bois et Montjoyer, refus en 2019 du projet de parc photovoltaïque de Chantemerle-lès-Grignan. Le projet du parc photovoltaïque de Grignan est toujours en suspens.

Grignan - Projet de Parc photovoltaique
Grignan – Projet de Parc photovoltaique

Le bois énergie

On assiste au développement de l’utilisation du bois comme bois énergie ou biomasse, qui représente 41 % de l’exploitation du bois des forêts drômoises. Cela se traduit par la multiplication de coupes rases de grande envergure que l’on observe en bordure de rivières et ou dans les forêts.

Ceci est majoritairement lié aux directives nationales ou européennes et à la mise en service de méga centrales à biomasse : Pierrelatte en 2012, Gardanne (13) en 2016 et Valence en 2019. Ces orientations sont contradictoires avec les objectifs de réduction des émissions de CO2.

Ces unités de production de chaleur à grande échelle pour alimenter des réseaux urbains ou agricoles fonctionnent grâce aux énergies fossiles (fioul et gaz) et à la biomasse (plaquettes de bois). Elles entraînent des consommations annuelles de bois qui excèdent les capacités de production de notre région : 75.000 tonnes de plaquettes forestières par an pour Pierrelatte, 20.000 tonnes par an pour Valence avec un impact significatif sur les massifs forestiers et sur les forêts alluviales.

Cette perte immédiate de la biodiversité indispensable aux oiseaux, insectes, végétaux, champignons, a des conséquences de plus en plus irréversibles sur les sols eux-mêmes. Ce sont des réservoirs vitaux qui disparaissent à jamais. En matière environnementale, rien ne se « compense », ce qui est détruit l’est à jamais (ou avec une résilience sur une échelle de temps dépassant tellement celle des humains).

Les espaces boisés méritent mieux que cette exploitation à outrance génératrice de perte de biodiversité, et on ne peut, dans notre intérêt environnemental à tous, qu’inviter les propriétaires forestiers et l’ensemble de la profession à s’engager dans une exploitation durable et une gestion raisonnée de la forêt (agroforesterie), pour préserver et accroître la ressource sur le long terme.

Certaines utilisations du bois de coupe sont neutres vis à vis du bilan carbone, et notamment l’utilisation en bois d’œuvre (33 % du bois exploité actuellement), particulièrement dans la construction, au vu de l’excellente qualité thermique de ce matériau.

Cette utilisation en bois d’œuvre apporterait une dynamisation de l’économie de proximité par une meilleure valorisation économique locale que l’utilisation en bois énergie.

L’énergie nucléaire

L’APEG est devenue en 2021 membre de la Commission Locale d’lnformation des Grands Équipements Énergétiques du Tricastin (CLIGEET).

Le point de vue de l’APEG 

L’APEG se donne une mission de veille et d’information sur cette énergie.